04/01/2008

L’histoire insolite des noms de rue

Les rues schaerbeekoises (I)
La Rue Josaphat fut mentionnée dès 1280 sous le nom d’Ezelweg, Chemin des ânes. On sait qu’au Moyen Âge, la commune de Schaerbeek, essentiellement rurale, “exportait” vers Bruxelles-Ville des herbes “potagères” à dos d’âne. Les Schaerbeekois ont gardé la mémoire de ces transporteurs au point d’entretenir des ânes dans le parc Josaphat pour le plus grand plaisir des enfants.
Ce n’est que plus tard que l’Ezelweg prit son nom de rue Josaphat par référence à la Vallée du même nom. Il y a plusieurs explications à ce nom hébraïque mais la plus souvent mentionnée rappelle qu’un pèlerin bruxellois qui s’était rendu en Terre sainte eut la surprise de s’apercevoir, à son retour, qu’une vallée schaerbeekoise ressemblait à s’y méprendre à la Vallée Josaphat qu’il avait tant aimée en Palestine. Il fit graver une mention signalant cette analogie sur une colonne détruite en 1793 par des Sans-Culottes un peu Sans-Cervelles !
La rue Fontaine d’Amour, rappelle, elle, qu’une source jaillit dans le parc Josaphat, source que l’on connaît depuis toujours sous la tendre appellation de Fontaine d’Amour. Avec un nom pareil, toutes les légendes sont permises. Léon Verreydt, grand spécialiste de l’histoire de Schaerbeek, les rapporte dans son excellent ouvrage sur
“La Vallée et le Parc Josaphat “.

Parmi tant d’autres, il rappelle les amours de Théobald, “chevalier de haut lignage” comme il se doit et d’Herlinde “noble fille” comme on l’imagine. Théobald ayant dû s’éloigner, Herlinde se noya de désespoir dans la Fontaine d’Amour.
Une autre légende plus terre à terre, évoque un jeune homme qui, délaissé par sa belle pleura tant et tant qu’il en perdit non la vie mais la vue ! Il lui suffit de tremper ses doigts dans l’eau miraculeuse et d’en frotter ses yeux pour revoir l’astre du jour !
Certains de nos contemporains crédules procèdent encore comme lui. Au risque de passer moi aussi pour prosaïque, je leur conseille plutôt la visite d’un ophtalmologue.

17:09 Écrit par K@v@! dans k@v@! en général | Lien permanent | Commentaires (0)

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